Un massacre pourquoi ?
C'est au Canada que se tient chaque année le plus important massacre de mammifères marins au monde. Le phoque du Groenland (Phoca groenlandica) est la cible principale de cette chasse commerciale, suivi de près par le phoque à capuchon (Cystophora cristata). Les très jeunes individus, de 14 jours à moins d'un an (95% de la chasse selon Greenpeace) sont traqués pour leur fourrure destinée à l'industrie de la mode.
Des chiffres vertigineux
Déjà près d'un million de phoques ont été tués entre 2004 et 2007. Mais en 2008, le gouvernement canadien a encore autorisé la chasse de 275 000 animaux. Ces quotas sont sans commune mesure avec ceux fixés dans les années 60-70, pourtant à l'origine de la disparition de près des deux tiers de la population de phoques du Groenland...
Et d'une cruauté extrême
Quelle que soit la méthode employée, les animaux sont tués avec cruauté. Tirés au fusil depuis les bateaux, les phoques meurent rarement sur le coup. Les impacts de balles dévaluant le prix de la fourrure, les chasseurs n'ont aucun intérêt à tirer plusieurs fois. Les phoques agonisent alors sur la banquise avant d'être achevés par des coups sur le crâne. Mais dans un souci de gain de temps, les phoques sont souvent harponnés et traînés encore vivants jusqu'aux bateaux. Il n'est pas rare d'observer des animaux agonisant pendant des heures, le crâne fracassé, avant d'être récupérés pour être dépecés. Selon le Fonds international pour la protection des animaux, 42% des animaux sont dépecés vivants.
Vers une disparition programmée
Le principal argument du gouvernement canadien en faveur de cette chasse est « d'enrayer la diminution des stocks de poissons dans l'océan ». Mais aucune preuve scientifique n'a pu établir la responsabilité des phoques sur la raréfaction du poisson. La surpêche reste la seule explication logique à ce phénomène.
Si la chasse aux phoques demeure aussi intensive, cette espèce risque de diminuer de manière drastique. On estime à 50% le nombre de phoques frappés mais non récupérés par les pêcheurs. Ces animaux hors statistiques gouvernementales augmentent encore des chiffres déjà accablants.
En plus de subir une pression de chasse importante, les phoques sont directement victimes du réchauffement climatique. Fragilisée par la hausse des températures, la banquise se rompt facilement et entraîne la noyade de nombreux bébés. Une raison de plus pour mettre un terme à cette pratique.
Une chasse non « durable »
Les scientifiques estiment que le nombre de prises autorisées actuellement va provoquer le déclin rapide des populations de phoques. Cette chasse n'est ni durable ni même rentable économiquement vu les subventions versées chaque année par l'état. Cette activité saisonnière ne représente que 5 % des salaires des pêcheurs et une très faible partie de l'économie de la côte Est du Canada. Les jeunes phoques ne sont en effet chassés que pour leur fourrure, le marché de la viande et de la graisse étant quasi inexistant. Après avoir été dépecés, leurs carcasses sont donc abandonnées sur la banquise.

